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Interview de Cyril MARCHIOL, gérant de la société TSUME.
Interview croisée avec Guillaume HEMERY, peintre free-lance de la marque.

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Bonjour Cyril, pourrais-tu nous présenter l’entreprise TSUME ?
C.M. : TSUME est une société basée au Luxembourg, créée par trois amis, destinée à la production et à la distribution de figurines en résine de grande qualité.

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Quelles vont être les premières productions à paraître, et à quelle période ?
C.M. : On travaille sur les licences Naruto Shippuden et Saint Seiya, avec l’espoir d’arriver à faire sortir 2 figurines avant la fin de l’année. Probablement en novembre ou décembre.

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Question réalisation, qui s’occupe de la sculpture, quelle est sa méthode de travail ?

C.M. : Nous avons deux sculpteurs /modeleurs qui travaillent pour TSUME. Par contre ce ne sont pas des sculpteurs traditionnels, comme on peut en trouver chez les éditeurs japonais, ce sont des modeleurs 3D travaillant sur PC.

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Qui réalise la peinture des prototypes ?

C.M. : La peinture des productions TSUME est réalisée par M. Guillaume HEMERY.

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Guillaume, peux-tu nous parler de ton parcours et de ton travail pour l’éditeur TSUME ?

G. H. : J’ai travaillé pour la société RACKHAM, de 2003 à 2006, à la peinture des productions « blister », les figurines utilisées pour illustrer les packagings. Ces figurines étant vendues non peintes, il faut une photo de présentation du produit.

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A partir de 2006, j’ai fait le choix de commencer à travailler en freelance. J’en ai profité pour participer à des concours comme celui du Golden Demon de Games Workshop afin de me faire un nom. J’ai publié un blog pour présenter mon travail, et c’est à partir de lui que Cyril MARCHIOL de TSUME m’a contacté.

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Il m’a demandé de peindre ses figurines afin de réaliser le schéma de couleurs dérivé des chartes graphiques japonaises, qui puisse être reproductible en série.

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Auparavant tu travaillais selon ton inspiration, cela n’a pas été trop dur de devoir respecter des codes couleurs précis tout en permettant une reproduction fidèle par la chaine de peinture ?

G. H. : La peinture c’est quelque chose qui est extrêmement modulable, on peut éprouver autant de plaisir à réaliser un aplat qu’à travailler un dégradé. Tout est dans l’association de couleurs.

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On peut prendre du plaisir en peignant tout et n’importe quoi.

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D’ailleurs, Cyril m’a proposé de repeindre entièrement une résine Berserk d’Art of War et j’ai pu complètement me lâcher. Le travail proposé actuellement par TSUME est vraiment très diversifié et j’y prends beaucoup de plaisir.

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A priori, tu viens plutôt de l’univers du wargame, n’est-ce pas radicalement différent de travailler sur des productions mangas ?

G. H. : Non, parce qu’encore une fois ça reste de la peinture. Que ce soit du graffiti, de la bande-dessinée, de l’illustration, du packaging produit, c’est avant tout de la peinture. Pour moi c’est la même chose.

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En fait, tu t’amuses autant à peindre les petites figurines RACKHAM que les productions TSUME au 1/8e ou 1/6e ?

G. H. : Tout à fait. On peut même dire que l’avantage de travailler pour un client comme TSUME, c’est que ça repose les yeux ! Parce que ce n’est pas du tout les mêmes échelles, et c’est franchement très plaisant de peindre des grosses pièces comme le Berserk que j’ai réalisé pour le festival.

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Tu attends quelque chose de particulier du travail de peinture que va effectuer l’usine ?

G. H. : En étant franc, ce n’est pas vraiment mon problème mais celui de Cyril ! (rires)

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Moi je travaille uniquement avec lui. Il me dit s’il est content ou pas et moi je m’adapte.

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Ce qui me fait vraiment envie, c’est plutôt d’avoir les prochains prototypes auxquels m’attaquer. Ayant eu la chance d’avoir travaillé sur le Gaara de TSUME, j’ai été agréablement surpris par le travail de finition de cette figurine. Pour de la grosse pièce c’est quand même vraiment très bien fait.

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La particularité de la modélisation 3D permet de ne pas avoir de lignes de moule. Normalement, sur toute figurine à peindre, il faut ébarber. Alors que là, on peut directement attaquer la peinture et c’est vraiment plaisant.

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Sur cette figurine de Gaara, combien de temps t’a pris la peinture pour en arriver à ce résultat quasi-définitif ?

G. H. : Une petite cinquantaine d’heures environ. Rien que sur le visage, j’ai dû reprendre plusieurs fois le kanji afin de le placer parfaitement et surtout de « m’imprégner » correctement du signe, n’écrivant pas en japonais tous les jours.

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J’ai passé beaucoup de temps à refaire les yeux, pour tester s’il fallait éclaircir les pupilles, les agrandir dans l’œil. Il y a tout un travail de détail à reprendre plusieurs fois afin d’avoir le meilleur rendu possible.

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Plus concrètement, sur les productions TSUME, comment te places-tu, Cyril, par rapport au marché actuel ?

C. M. : Par rapport à ce qui existe déjà dans le « manga », on va essayer d’aller plus loin, de travailler de meilleures figurines.

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J’ai envie d’amener la résine à sa vraie valeur : un produit plus haut de gamme que la PVC mais à prix accessible. A l’heure actuelle, la résine est vraiment mal utilisée, à mon sens.

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G. H. : Le problème du PVC c’est que ce n’est pas un matériau stable dans la durée, qui réagit très mal avec les diluants utilisés.

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Sur les futures sorties TSUME, quel tirage est prévu et quel(s) tarif(s) ?

C. M. : Les tirages prévus sont de 300 unités par figurine. Pas plus. Aucun retirage n’est prévu pour le moment. Éventuellement des repaints, mais rien de sûr.

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Question tarif, selon les réalisations, on ira de 199 à 299 euros. Ce dernier prix étant pour les vraies grosses pièces.

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A priori, la majorité des figurines Saint Seiya que nous éditerons seront aux alentours de 199 euros.

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Quels sont les formats retenus ?

C. M. : On part sur des productions au 1/6e, soit environ 30 cm de hauteur. A quelques exceptions près, tel le Gaara qui, lui, est au 1/8e. Mais la hauteur de la sculpture entière atteint les 30 cm.

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On va rester sur des figurines hautes de 25 à 40 cm.

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Vu que le Gaara sera au 1/8e, les autres figurines de licence Naruto Shippudden suivront ce format ou seront au 1/6e ?

C. M. : On conservera toujours une cohérence entre les productions issues d’une même licence. Du coup, les autres Naruto seront, aussi, au 1/8e.

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Quels territoires sont concernés par les sorties TSUME ?

C. M. : A l’heure actuelle, on est sur la France, le Benelux et l’Italie. Peut-être prochainement sur l’Espagne… Certaines des licences que nous possédons le sont sur toute l’Europe, d’autres pas.

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Vous faites produire en Chine pour des questions de coût, mais était-il techniquement possible de le faire en Europe, y a-t-il des usines capables de réaliser de tels travaux ?

C. M. : Je n’ai jamais été contacté par personne pour ça. Je serais le premier à vouloir garder l’intégralité de la production en Europe, mais ce n’est malheureusement pas possible.

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Quelle est la durée de production d’une figurine en usine ?

C. M. : Pour 300 exemplaires, il faut compter cinq semaines environ.

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Quelle est la durée de développement entre le choix de l’illustration et la sortie effective de la figurine dans le commerce ?

C. M. : Il faut compter entre six mois et un an. En fait ce qui prend vraiment beaucoup de temps c’est l’obtention de licences.

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Franchement, obtenir les licences c’est presque ce qu’il y a de plus compliqué. Les japonais sont tellement respectueux du travail de leurs auteurs, qu’il faut montrer patte blanche des milliers de fois avant d’arriver à faire quelque chose. Il y a eu tellement de rigolos qui ont produit de vrais déchets, que les licenceurs sont méfiants. Je ne veux citer personne, j’en ai fortement envie mais je ne peux pas, mais honnêtement le boulot fait par certaines boites européennes, je suis désolé de le dire mais… c’est catastrophique. Du coup ce n’est pas dur pour moi de faire mieux !

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Mais passer derrière ces gens là, ramasser leurs pots cassés, c’est vraiment fatiguant. Quand on arrive au Japon qu’on leur montre notre motivation, mais qu’ils nous disent qu’on est que le dixième comme ça et que les précédents ont bossé comme des porcs… Et ben c’est vraiment pas simple.

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Notre but c’est de relever le niveau européen, de montrer qu’on peut travailler aussi bien que les japonais. Jusque dans les moindres détails comme les emballages.

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Parles-nous un peu plus du packaging s’il-te plait.

C. M. : Avant, quand j’étais gérant de KM Import, j’avais énormément de problèmes avec les boites des figurines que j’emmenais sur les salons. Quand on rentrait, la moitié des boites étaient cassées ou abimées.

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Du coup, on a pris le parti de faire une boite solide et pratique. Un système qui permet de garder la boite intacte tout en protégeant au mieux le produit.

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Pour conclure une dernière question : pourquoi avoir choisi TSUME comme nom ?

C. M. : Tsume ça signifie « griffe ». On veut mettre notre « griffe » sur le marché de la figurine, notre empreinte !

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Merci Cyril, et merci à Guillaume.

C. M. : Merci à vous.

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Propos recueillis par Kubo & mega69

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